Archives de catégorie : Numérique

Débat sur France Inter: Intelligence Artificielle et Journal d’un Nageur

Aujourd’hui passage sur France Inter pour parler d’Intelligence Artificielle et pour présenter le Journal d’un Nageur.

Un moment très sympa et instructif!

A écouter sur le site de France Inter ou sinon directement le podcast:

 

Journal d’un Nageur – le débat!

A l’occasion de la sortie du Journal d’un nageur, deux séances de débat-dédicace sont organisées par la très sympathique librairie / galerie / restaurant / salon de thé du Mille Feuilles:

  • ce Samedi 1er Avril, à 15h30, à Bièvres
  • le Samedi 22 Avril (à la veille du premier tour!), à 16h, à Ville d’Avray

L’occasion de découvrir un lieu remarquable et de discuter un peu de la transformation de nos médias, de la notion de progrès, de la dé-mondialisation et de son impact…

Le journal d’un nageur dans la presse…

Quelques critiques du Journal d’un nageur  dans la presse:

 

Le Journal d’un nageur à la radio

Le Journal d’un nageur a été évoqué ce dimanche 12 mars dans Le masque et la plume, sur France Inter, vers la fin de l’émission, dans les conseils… Bonne critique!

Sur le site de France Inter, à partir de 51’55.

Ou écouter directement l’extrait de l’émission:

 

 

 

 

 

 

Journal d’un nageur

Bon, ça y est, il est sorti: le Journal d’un nageur de l’ère post-Trump, une œuvre majeure de la politique-fiction cyber-politico-natatoire.

Déjà dispo chez l’éditeur, et mi-Mars en librairie

Comme il sied en cette période électorale, le bouquin porte sur l’avenir de la France sous Le Pen, la fin des médias, les évolutions hasardeuses du numérique, les startups, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les missiles de croisière, les sunnites, chiites et autres wahhabites, la virtualisation de toute chose, l’accélération du réchauffement climatique, la fin du libre-échange et ses conséquences sur l’économie mondiale, les joies de Tinder en milieu rural, ce qu’il adviendra de la France quand les terroristes deviendront sérieux, pourquoi Neandertal a battu Sapiens (et pourquoi ce dernier va disparaître)…

Et en bonus, il y a même des leçons de natation et des conseils pour choisir ses palmes!

Un grand merci à Philippe, dont les commentaires sur ce blog et sur le sien m’ont largement inspiré.

Ne reculant devant aucune contradiction, il y a même une page Facebook et une page LinkedIn pour ce livre qui dénonce les réseaux sociaux!

1 heure de minimalisme à la Tate Modern

Petite visite à la Tate Modern, ce week-end.

J’ai été frappé par ce portrait de Philip Glass et Bob Wilson par Mapplethorpe, datant de leur collaboration sur le minimaliste Einstein on the Beach.

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Bob Wilson reste un génie de l’image et de la lumière, mais sa récente proposition, dans Les Nègres, n’est guère convaincante – les spectateurs réagissent d’ailleurs de façon un peu apathique. Philip Glass, lui ne m’a jamais déçu, et j’ai hâte de voir son nouvel opéra, inspiré du Procès de Kafka.

Sa prestation au Grand Palais, seul au piano, au milieu des oeuvres monumentales de Richard Serra était simplement inoubliable. Richard Serra se retrouve d’ailleurs opportunément cité à la Tate, sous un format plus humain, plus minimaliste en quelque sorte:

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Mapplethorpe lui n’avait rien de minimaliste – il était plutôt maximaliste dans ses goûts, ses oeuvres et ses appétences – mais une bonne section du musée, en dehors de ses photos, dans le reste du 3ème étage, est dédiée au minimalisme.

On y comprend alors que le flat design, standard incontournable (depuis iOS 7 et Windows 8) des interfaces informatiques modernes et de la mobilité, puise ses racines dans un très long mouvement artistique. Ellsworth Kelly a passé 50 ans de sa vie à peindre des rectangles de couleur uniformes:

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Bon, faut avouer que parfois ça tourne un peu au foutage de gueule.

Ici, Grey de Gerhard Richter. Commentaire de l’artiste: Grey is the epitome of non-statement. It doesn’t trigger off feelings or association, it is actually neither visble nor invisible… Like no other colour, it is suitable for illustrating « nothing ». Genre le 4’33 » de Cage, quoi…

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Et les Square Tubes (1967) de Charlotte Posenenske m’ont rappelé qu’il était temps de rentrer à la maison réviser la VMC.

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Stratégie 2048 – la revanche du serpent à plume

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Je ne suis guère accro aux jeux vidéos, mais j’avoue avoir craqué pour 2048, le jeu qui fait fureur en ce moment.

Il a un petit côté mathématique qui m’a attiré, et les puissances de 2 exercent toujours un certain magnétisme pour les informaticiens.

Je me suis posé la question de la stratégie, et j’ai trouvé un truc qui marche pas mal…

Le seul moyen de faire 2048, c’est de mettre ensemble deux 1024. Donc il faut d’abord faire un 1024. Mais pour faire un 1024, il faut faire deux 512. Donc on va devoir commencer par faire un 512, etc etc…

A la fin, on se rend compte que pour faire un 2048, il faut réaliser une chaîne: un 2 que l’on va transformer avec un autre 2 en 4, qui avec un autre 4 va faire un 8, qui avec un autre 8 va faire un 16 etc. jusqu’à 2048.

L’idée est donc de constituer une chaîne de cases adjacentes portant les puissances de 2 successives, et qui par effet de cascade vont permettre de passer à la puissance supérieure: supposons que j’ai une suite de cases adjacentes 2, 4, 8, 16 …. 2^n, alors, il suffit de joindre un 2 au premier 2 de la chaîne pour par effet de cascade générer un 2^(n+1): le 2 avec le 2 va faire un 4, qui avec le 4 va faire un 8, qui avec le 8 va faire un 16… qui avec le 2^n va faire un 2^(n+1).

L’objectif est donc de constituer une telle chaîne.

Pour cela, on applique un algorithme récursif.

Soit Cmax la case portant la valeur maximale de mon jeu, et 2^nmax la valeur de cette case.

Posons C = Cmax, et n = nmax.

1) L’objectif est de créer une case de valeur 2^(n-1) à côté de la case C.

2) Soit une telle case existe déjà, soit elle n’existe pas.

  • Si elle existe déjà, on va alors l’appeler C, on donne à n la valeur n-1 (C porte alors la valeur 2^n), et on recommence en 1).
  • Si elle n’existe pas, on garde la même case C inchangée, on donne à n la valeur n-1 et on recommence en 1).

Simple, non?

L’application d’un tel algorithme conduit à la fabrication d’une chaîne 2, 4, 8… 2^nmax qui par effet de cascade permettra ensuite simplement de créer une case 2^(nmax+1).

Un point clé est évidemment de conserver l’intégrité de la chaîne au cours des mouvements.

Pour cela, le mieux est d’avoir une chaîne qui serpente sur le jeu.

Capture

On commence à construire le serpent…

Par exemple, on décide de mettre la case max en haut à droite, et on fabrique ensuite le serpent avec les valeurs décroissantes des puissances de 2.

Évidemment, tout l’art consiste à éviter de se mettre dans une situation dans laquelle on ne pourrait pas exécuter la stratégie, en faisant un coup qui nous mettrait dans la suite dans l’obligation de faire un mouvement vers le bas. On essaye donc de garder les lignes du bas non vide et non pleines. Dans certaines situations, une approche probabiliste  est nécessaire pour minimiser le hasard: on sait qu’un 4 a une chance sur 10 d’apparaître, et on peut évaluer la probabilité d’apparition sur une case donnée en fonction du nombre de cases libres.

Moyennant l’application de cette stratégie (et un peu de chance), on peut aller beaucoup plus loin que 2048, la limite étant alors surtout due au temps que votre boulot ou votre famille acceptera que vous y passiez! En tête de cet article, un exemple de partie en cours illustrant ces principes (qui m’a valu bien des remontrances de mes proches vu le temps passé…).

Sachant que l’on ajoute un deux dans 90% des cas et un 4 dans 10%, chaque coup fait en moyenne gagner 2,2. Pour arriver à 32768, il faut donc en moyenne 14895 coups. Si on compte une moyenne de 2 secondes par coup, ça fait 29790 secondes, soit plus de 8h de jeu en continu!

Pourquoi la revanche du serpent à plume?

On appellera Serpent à plume cet animal mythique et tout puissant, qui permettra un jour à son découvreur d’accéder au Graal: 2^16 = 65536.

Un jour peut-j’y arriverai! Peut-être en poussant jusqu’au bout la partie figurant en tête de cet article… Il faudra quand même 16h de jeu à 2 secondes par coup.

 

Une représentation du Serpent à Plume, à 15 coups de 65536.

4096 8192 16384 32768
2048 1024 512 256
16 32 64 128
8 4 2 2

Une fois le serpent à plume réalisé, on pourra s’attaquer à la réalisation du super-serpent à plume, qui mène à la valeur de case maximale possible sur 2048, 131072, mais là il faut encore plus de chance, car il faut que le dernier coup avant la complétion du super-serpent fasse apparaître un 4, et non un 2, ce qui n’a que 10% de chances de se produire. Autant dire il faudra faire en moyenne 10 serpents à plume avant de pouvoir réaliser un super-serpent (en supposant que tout se passe bien pour faire le super-serpent jusqu’à l’avant-dernier coup). Pas sûr qu’une vie y suffise!

Dérèglements

J’étais hier dans le parking de Roissy.

Le parking est équipé depuis quelque temps d’un dispositif en voie de prolifération accélérée, qui permet de repérer de loin les places libres: vert c’est libre, rouge c’est occupé.

Pourtant, ce dispositif n’est pas parfait. Une lumière verte vient parfois signaler une place occupée.

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Défaut de capteur? Bug informatique?

Il est plaisant de constater que même dans nos sociétés hyper-numériques, de mystérieux dérèglements subsistent, et viennent perturber l’ordre programmé des choses.

Et c’est ainsi qu’une chose aussi grosse, numérique et connectée qu’un Boeing peut simplement disparaître, comme ça, dans le néant, sans laisser de trace dans l’univers digital.

Car la complexité infinie des rouages internes du numérique font certes sa force – qui génère ce sentiment d’oppression qui parfois nous accable – mais aussi sa  finalement très grande et inquiétante vulnérabilité, face à la brutalité simple et évidente de la simplicité, rustique et rusée.