La cimenterie

Toujours dans mes promenades le long de la Seine, je suis tombé sur cette cimenterie abandonnée…

 

 

8 entraînements de triathlon à faire avec un partenaire moins entraîné

Concilier famille, travail et entraînement est souvent un exercice difficile pour le triathlète – et pourtant c’est une priorité essentielle pour celui qui veut s’entraîner durablement (voir les 10 commandements).

Vu le côté chronophage de l’entraînement, le mieux est certainement de s’entraîner de temps en temps et de profiter de la nature avec son conjoint, mais souvent, la difficulté viendra du fait qu’il y aura une différence de niveau telle qu’une sortie commune est quasiment impossible: le partenaire bien entraîné ne bénéficiera d’aucun effet positif, l’allure étant trop lente pour créer une adaptation musculaire, tandis que le partenaire moins entraîné aura du mal à suivre et sera toujours en sur-régime.

Afin de concilier l’inconciliable, voici 7 entraînements qui peuvent être faits ensemble par deux personnes ayant des niveaux très différents, tout en étant profitable et agréable pour tout le monde. S’applique en cas de différence de niveau conjugal, mais aussi si vous devez sortir avec un ami fumeur ou non sportif!

Natation

  • En eau libre (mer, lac…) faire une sortie (entre 1/2h et 1h) à 2, le partenaire le plus entraîné en nage libre, et le moins entraîné avec des palmes (et éventuellement des plaquettes), afin d’égaliser les niveaux.
  • En piscine, faire des séries synchronisées en ajustant les distances au niveau. Par exemple, en bassin de 25m, le le plus rapide peut faire 8x200m départ 3’15, pendant que le moins rapide fait 8x150m (ou 8x100m) départ 3’15, le but du plus rapide étant de rattraper le moins rapide avant la fin de son 200m pour pouvoir prendre la récupération ensemble.

Vélo

  • Sortie vélo ensemble, en terrain vallonné avec des bosses: sur le plat, apprendre au moins entraîné à drafter, et tenir une allure souple et régulière, en lui ouvrant la route. Sur les bosses, monter à fond, et redescendre le plus bas possible pour remonter et rattraper le partenaire juste au moment où il atteint le sommet. Récupérer sur le plat en moulinant tranquillement et en ouvrant la route.
  • Travail de PMA (à faire uniquement sur route plate et déserte!): rouler avec son partenaire doucement pendant 10′ d’échauffement, puis rouler 1′ à fond, revenir tranquillement en arrière à hauteur de son partenaire, puis repartir vers l’avant pendant 1′ à fond. Répéter 8 x (1′ à fond + récup en revenant), rouler 8′ cool ensemble, puis recommencer une série de 8 x (1′  + récup). Retour souple en bavardant…
  • Sortie vélo, le partenaire le plus entraîné en vélo de route, et le moins entraîné en Vélo à Assistance Electrique. Attention quand même à ne pas prévoir un tour dépassant l’autonomie du VAE (50 à 80 km), et à prévoir un parcours vallonné, parce que sur la plat, le VAE, bridé à 25 km/h ne va pas assez vite par rapport au cycliste.

Course à pied

  • Faire ensemble un footing: le partenaire entraîné le faisant à vitesse très réduite, en phase de récupération post-compétition, ou en sortie très douce, éventuellement à jeun, afin de favoriser la capilarisation et la lipolyse, tandis que le partenaire sera sur une allure soutenue pour son niveau.
  • Un grand classique qui a fait ses preuves: sortie en forêt, le partenaire entraîné en CAP et le moins entraîné en vélo. On peut éventuellement faire un format run & bike (un vélo pour 2, on se relaie dessus), le partenaire moins entraîné faisant essentiellement du vélo et le plus entraîné de la CAP. Par exemple, le partenaire bien entraîné fait 3 x (8′ au seuil + 3′ récup en VTT), et le moins entraîné fait 3 x (8′ VTT + 3′ footing).
  • Travail de VMA (idem travail PMA en vélo): partir avec son partenaire doucement pendant 10′ d’échauffement, puis courir 1′ à 95% de VMA, revenir en arrière à hauteur de son partenaire en trottinant doucement, puis repartir vers l’avant pendant 1′ à 95% de VMA. Répéter 8 x (1′ à 95% VMA + récup en trottinant), courir 8′ cool ensemble, puis recommencer la série de 8 x (1′  + récup). Retour au calme en trottinant ensemble pour finir la séance.

Bons entraînements!

Choix d’un vélo pour débuter le triathlon

Souvent les nouveaux viennent voir les plus anciens pour demander des conseils sur l’achat d’un vélo. En fait deux problèmes se posent à celui qui débute en triathlon:

  • quel vélo acheter?
  • où l’acheter?

Pour savoir quel vélo acheter, il faut d’abord choisir un type de vélo. Trois choix s’offrent au triathlète:

  1. le vélo de route classique, tel qu’utilisés par les cyclistes traditionnels, fait pour avoir les mains la majeure partie du temps sur le cintre, spécialement adapté pour rouler en peloton et pour la montagne –  sur ce type de vélo, le poids, la nervosité, l’agilité sont privilégiés. Les triathlètes peuvent lui ajouter un prolongateur court, pour adopter une position plus aérodynamique.
  2. le vélo de type CLM (Contre La Montre), qui est fait pour être la plupart du temps allongé sur un prolongateur long, en position aérodynamique, et qui a de ce fait un tube de selle plus vertical que le vélo de route traditionnel, une selle plus avancée par rapport au boîtier de pédalier. Il est spécialement adapté pour faire de longs trajets plats ou légèrement vallonnés, seul dans le vent – sur ce type de vélo c’est avant tout l’aérodynamisme qui est recherché, plus que l’agilité ou le poids, car c’est l’aéro bien plus que le poids qui fait la performance dans ces conditions.
  3. le vélo de route aéro, qui se veut un compromis entre les deux précédents, sur lequel on met souvent un prolongateur court (ne dépassant pas les cocottes), et pour lequel on recherche à la fois aéro, légèreté et agilité (mais on n’arrive pas à être aussi léger qu’un route classique ou aussi aéro qu’un CLM!). Présentant des formes travaillées pour optimiser l’écoulement des flux, il est généralement plus cher que le route classique à équipement égal. Bien adapté pour le triathlon court, et utilisable en cyclosportives (en enlevant le prolongateur).

En général, les triathlètes les plus performants adeptes du long préfèrent le CLM, ceux du court le route aéro ou classique, et les cyclistes le route classique. Le CLM est interdit sur les courses avec drafting autorisé (certains S et M, jamais sur le Long). Il est rare de commencer sur route avec un CLM: c’est plutôt un vélo qu’on acquiert avec une certaine expérience, quand on se focalise sur le Long et qu’on veut y performer, souvent en deuxième vélo.

Une fois choisi un type de vélo, on peut alors conseiller telle marque ou tel modèle.

Par ailleurs, il faut insister sur l’importance des roues: elles sont certainement plus déterminantes que le cadre dans la performance, les sensations, l’inertie, le confort, l’aérodynamisme…

  • le confort parce qu’elles assurent le contact avec le sol
  • l’inertie car elles tournent, et plus une masse est proche de la périphérie de la roue, plus elle est importante pour l’inertie générale du vélo
  • l’aérodynamisme, parce que la vitesse au sommet de la roue est de deux fois la vitesse au sol du cadre

Il n’est donc pas choquant d’investir dans une bonne paire de roues de compétition (carbone à jante haute) autant d’argent que sur tout le reste du vélo – mais c’est un investissement qui peut être fait sur le tard, longtemps après l’achat d’un vélo avec une robuste paire de roues d’entraînement.

Quant à savoir où acheter, à mon avis 4 options sont possibles:

  1. l’achat en boutique spécialisée: c’est là que l’on aura le plus de conseils, et le plus grand choix de modèles de tous types, et que l’on pourra avoir un vélo exactement adapté à ses besoins et à ses mensurations. Le vélociste pourra donner les meilleurs conseils à l’achat, puis régler et entretenir le vélo. Donc si on ne sait pas quoi faire quand un passage de vitesse broute, que le pédalier craque ou que l’on veut changer une cassette ou un plateau pour faire Embrun, c’est ce que je recommanderais. Les vélocistes font aussi souvent une petite remise aux clubs – faut juste la demander!
  2. l’achat neuf sur le net: en cherchant bien on paiera un petit peu moins cher qu’en boutique, mais on n’aura ni le conseil, ni la proximité, ni le service après-vente de la boutique, et on peut avoir des problèmes compliqués à gérer en cas de litige (qui prend en charge les transports pour les retours, que se passe-t-il en cas de casse pendant le transport, et comment le prouver etc). Et aussi, difficile de choisir à distance la bonne taille et de faire les bons réglages!
  3. l’achat en grande surface (type Décathlon, Go Sport): il peut y avoir des modèles avec un bon rapport qualité / prix en grande surface, par contre il faut savoir que les vélos de grande surface (B’Twin et autres) n’ont pas trop la cote auprès des cyclistes, et qu’ils subissent une décote sévère à la revente. Par ailleurs, on y trouvera essentiellement des modèles « route classique » (et des VTT / VTC), pas de CLM ou de « route aéro » plus sophistiqués.
  4. l’occasion: c’est incontestablement là que l’on trouvera les meilleurs vélos pour un budget donné, par contre ce n’est recommandé que si on s’y connait suffisamment pour éviter les arnaques qui pullulent. Il faut s’y connaître ans la hiérarchie des groupes (par exemple, chez Shimano: Sora < 105 < Ultegra < Dura Ace), voir si le cadre n’a pas pris de pet, estimer la valeur des roues, voir si elles sont voilées, débusquer les contrefaçons chinoises etc. Bien comprendre aussi que sur un vélo, ce qui fait le poids (et souvent le prix) c’est d’abord le groupe, puis les roues, et enfin le cadre, alors que de nombreux débutants pensent que c’est l’inverse. Enfin, il faut prendre toutes les précautions d’usage pour les achats sur le net entre particuliers: ne faire l’achat qu’après avoir vu et touché la marchandise, demander une pièce d’identité et les factures d’origine au vendeur pour éviter de se faire refourguer un vélo volé, faire signer une attestation de vente etc. Enfin, il faut être conscient que bien souvent, la garantie « à vie » qui est accordée à certains cadres n’est plus valide en seconde main. Pour l’occasion, le mieux est d’aller sur des sites spécialisés sur le cyclisme tel que velo101.com ou troc-velo.com plutôt que des sites généralistes comme leboncoin, qui ont une foule de vélos, mais très bas de gamme.

Maintenant, à chacun de choisir. En tout état de cause, bien se souvenir que tant du point de vue du confort que de la performance, il vaut mieux un vélo bien réglé et ajusté à sa personne (hauteur et recul de selle, taille du cadre, longueur de potence, largeur de cintre, longueur des manivelles…) qu’un vélo beaucoup plus cher qui pèserait 1 kg de moins, mais qui serait mal réglé ou mal ajusté.

Nuit Blanche: Glassworlds

Toujours fan de minimalisme et de Philip Glass, nous sommes allés à la Philharmonie écouter Nicolas Horvath lors de la dernière Nuit Blanche de Paris. Il interprétait l’intégrale de l’oeuvre pianistique du maître, soit 12h de musique, en continu, sans aucune pause, de 19h à 7h du matin! Une expérience maximaliste d’une musique minimaliste, réminiscente de mes travaux de rénovation d’antan…

Des chaises longues judicieusement positionnées au plus près de l’artiste permettaient aux plus enthousiastes de suivre attentivement l’interprétation, et aux plus fatigués de bénéficier d’un sommeil récupérateur.

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Mais cette fois-ci, j’ai pu percer le secret de la performance en endurance: les canettes de Red Bull!

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La piscine abandonnée

Grand amateur de piscines, mon cœur se serre à la vision désolante de cet établissement abandonné des bords de Seine.

Les algues ont envahi le bassin principal, la terre craquelé laisse entrevoir le bleu du fond du petit bassin, et le grand toboggan domine le paysage désolé de ce qui fut autrefois un lieu vibrant de vie et d’animation.

Ainsi il nous est rappelé que les œuvres du génie humain ne sont pas éternelles, que parfois la nature reprend le dessus sur l’homme, et que notre civilisation est, comme toute les civilisations, périssable. Un avant-goût de l’ère post-humaine qui arrive à grand pas?

 

 

Vestiges égyptiens…

Continuant mes balades le long de la Seine, je suis tombé sur cette maison, aujourd’hui abandonnée aux tagueurs et paint-balleurs…

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L’accès un peu labyrinthique donne une irrépressible envie d’entrer…

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Dedans tout n’est que luxe, calme et volupté…

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Vue imprenable sur la forêt environnante…

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Partout, la lumière…

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Une série de fenêtres, qui accompagnaient un escalier que l’on imagine majestueux…

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Il ne faut pas toujours suivre les indications facétieuses!

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Au sous-sol, la fresque mystérieuse d’un tagueur un peu plus inspiré s’amuse à donner un air égyptien à ce lieu pourtant si francilien…

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La fin de l’humanité

Ainsi donc, nous y sommes.

Après 200 000 années qui ont vu l’espèce humaine, Homo Sapiens, évoluer vers toujours plus d’intelligence, de raison, de force et de santé, il est venu, le temps de la chute et du déclin.

Toutes les études le montrent avec force: notre espèce est entrée en régression. Car ce ne sont pas un ou deux indicateurs isolés qui clignotent, mais tout un faisceau de preuves qui aujourd’hui convergent. Des indicateurs qui progressaient constamment depuis des siècles et des siècles se mettent subitement à chuter.

Nous avons déjà vu comment l’humanité se déplaçait de plus en plus lentement.

Plus préoccupant, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en une génération, les performances sportives moyennes de la population se sont effondrées (voir ici, ici et ici).

De même, l’acuité visuelle des nouvelles générations a fortement diminué.

Malgré les progrès incroyables de la médecine, après des siècles d’augmentation constante, l’espérance de vie et l’espérance de vie sans incapacité se mettent à diminuer. Il semblerait d’ailleurs que les progrès en espérance de vie qui avaient été constatés auparavant tenaient plus à notre capacité à nous rafistoler rapidement en cas de problème (accidents cardio-vasculaires, SAMU..) qu’à l’amélioration de notre santé, de notre environnement ou de notre hygiène de vie.

On pourrait penser que la pratique des jeux vidéos, le stress des sociétés modernes et la motorisation croissante des populations améliore au moins nos réflexes – mais il n’en est rien, même de ce point de vue le déclin est marqué, nos temps de réaction ont fortement augmenté en un siècle!

Pire, alors que l’intelligence humaine moyenne était en progression constante depuis des siècles (le fameux effet Flynn), pour la première fois les tests montrent que le QI des nouvelles générations sont en baisse sensible par rapport à celui de leurs aînés (voir ici, ici et ici).

En vérité, tous les indicateurs convergent: que ce soit au plan physique ou intellectuel, l’espèce humaine a arrêté tout progrès et a entamé un déclin profond.

Certes, certains prétendent que d’autres capacité se sont améliorées, mais ils sont bien en mal de citer quoique ce soit de mesurable, à part peut-être l’aptitude à attraper des Pokemon ou à taper rapidement des textos à 2 doigts.

Par un paradoxe ironique, les soins médicaux et sociaux qui nous sauvent en tant qu’individu signifient en même temps notre fin en tant qu’espèce. L’humanité s’est enfin affranchie de la sélection naturelle, loi ô combien cruelle. Mais cette loi était aussi le processus fondamental régissant l’évolution des espèces et donc leur adaptation et leur survie, sous une forme renouvelée. Ne bénéficiant plus de cette adaptation, nous sommes  condamnés à régresser et disparaître à plus ou moins brève échéance.

Mais au moins pourrons-nous avoir la satisfaction mitigée d’avoir connu l’apogée du règne humain sur notre terre…

Jeûne thérapeutique

Suite à une émission d’Arte (voir aussi le livre correspondant de Thierry de Lestrade) nous avons décidé de suivre un jeûne thérapeutique. Après tout, le jeune était largement pratiqué, de façon forcée (ou volontaire?) par nos ancêtres préhistoriques. En jeûnant, nous ne faisons que réactiver des mécanismes toujours présents dans notre espèce, aujourd’hui complètement inutilisés, mais extrêmement puissants! Ce sont eux qui ont permis la survie des hommes à travers les siècles et assuré le succès de notre espèce.

Le protocole suivi est celui du Dr F-X Mayr (1875–1965), bien connu en Allemagne et en Autriche: un (tout) petit pain desséché le matin, un autre à midi, accompagné d’un demi-yaourt, et un thé le soir, le tout pendant 2 semaines (moins de 200kcal/j). Une alternative (plus coûteuse!) est la méthode Buchinger (on remplace le petit pain desséché par des jus de fruits et légume). Pendant le jeûne, une activité physique modérée est recommandée: marche, nage souple, qi gong, yoga… Pour ma part, j’ai ajouté un peu de vélo, sans jamais dépasser 115 BPM / 150 W.

Bilan: -5 kg en 15 jours, mais ce sera probablement vite repris, car le but d’un tel jeûne n’est pas l’amaigrissement.

Par contre, ce but peut être sportif: une condition de succès sur les épreuves longues distances est la capacité à brûler les graisses pour trouver son énergie (c’est comme ça qu’on évite le mur du marathon). Le grand champion Sindballe explique ainsi comment il a réussi à transformer son corps en machine à brûler les graisses. Il a essayé différentes méthodes, mais pas le jeûne. Certains courent la matin à jeûne pour s’y entraîner, mais ils ont encore des réserves de glucides s’ils ont mangé la veille. De même, des études poussées ont montré qu’il pouvait être très bénéfiques de limiter les apports glucidiques la veille, puis de s’entraîner à jeun le matin, afin d’apprendre à mieux brûler ses graisses pendant l’effort (« sleep low » strategy). Mais au fond, la phase cétonique du jeûne, celle où l’on consomme essentiellement des graisses, ne survient qu’au bout de 4 ou 5 jours. On s’entraîne alors à vivre en puisant dans son stock de graisse (lipolyse), qui est la réserve d’énergie de loin la plus abondante du corps humain, ce qui est très bénéfique pour les sportifs d’endurance (durée d’effort >3h). Cependant, il faut veiller au cours du jeûne à modérer son entraînement, pour éviter les risques d’hypoglycémie ou de fonte musculaire par catabolisme (cycle de Cahill): rester dans la zone de confort aérobie, où l’on peut discuter facilement. Si le jeûne peut être une bonne chose pour apprendre à brûler ses graisses, je ne le recommanderais néanmoins pas à proximité d’une épreuve importante: plutôt à faire en période de coupure.

Mais l’intérêt essentiel du jeûne n’est en vérité pas la perte de poids ou l’entraînement sportif: il est essentiellement thérapeutique. J’étais un peu sceptique au début, mais je dois dire que les effets sur mon arthrose sont assez bluffant. En une semaine, les douleurs ont disparu!

Du coup je suis allé voir de plus près la littérature scientifique qui existait sur le sujet et le résultat est intéressant.

De nombreuses études attestant des effets bénéfiques du jeûne sur de nombreuses pathologies: maladies cardio-vasculaires (maladies coronariennes, insuffisance cardiaque, troubles de la circulation artérielle, insuffisance veineuse), maladies du dos et des articulations, hypertension, arthrose, arthrite, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, maladies du tube digestif, épuisement physique et psychique,migraines et maux de tête, allergies dont asthme, surpoids, hyperlipidémie, hypercholestérolémie, hyperuricémie, diabète de type II, stress, tabagisme…

En français, la méta-étude la plus complète sur le sujet est sans doute celle de l’INSERM.

Elle fait une revue des études sur le sujet, note de nombreuses études attestant des effets bénéfiques du jeûne, mais reste très prudente dans ses conclusions, concluant sur la nécessité de poursuivre des recherches, et contestant la rigueur des études passées.

Cependant, cette méta-étude est elle-même marqué par un gros biais. Pour des raisons pratiques, les auteurs n’ont considéré que les résultats publiés en français ou en anglais. Or l’essentiel des études et des expériences sur le sujet a été fait en Allemagne et en Russie, par des auteurs qui n’ont pas toujours pris le soin de traduire en anglais leurs études. Par exemple, une étude de l’université d’Iena sur les effets du jeune sur l’arthrose est complètement ignorée. Et il est clair que les caractéristiques du jeûne font qu’on ne peut pas le traiter statistiquement comme un traitement médicamenteux: impossible de faire un test en aveugle (il n’y a pas de jeune placebo, impossible de faire jeûner un patient sans qu’il sache s’il jeûne ou pas!), et également impossible de faire un test randomisé: on ne peut pas choisir au hasard des patients pour faire un jeune, car la décision de jeûner est le résultat d’un long processus d’élaboration mentale, qui n’aboutira pas pour un grand nombre de personnes.

Pour autant, ce n’est pas parce que la nature du traitement fait qu’il est impossible d’utiliser les outils statistiques classiques permettant de s’assurer scientifiquement de son efficacité qu’il est inefficace!Ou que ceux qui le pratiquent sont des charlatans… La nature n’a que faire de considérations méthodologiques. Au regard des nombreuses expériences menées, des témoignages anecdotiques et de mon expérience personnelle, je serai tenté de dire que le jeûne, ça marche!