Business travel blues

J’écris ces lignes de l’avion qui me ramène de Boston, où je suis allé 2 jours pour affaire…
Décidément, ces voyages ne sont plus ce qu’ils étaient.

Placé au rang 43, au fond du 757, en classe poubelle. Autour de moi, d’autres costard cravate… Retournement ironique dont l’histoire a le secret: il y a 10 ans encore, on avait les costards cravate devant, et les jeunes et les familles derrières. Tel était l’ordre des choses, éternel et, apparemment, immuable.

Maintenant c’est tout l’inverse. Il n’y a plus que les riches touristes pour voyager en business, et le business voyage en touriste. Quant à la première, on n’y trouve plus que des footballeurs, des basketteurs, des rappeurs à chaîne et des stars de la télé-réalité, ces têtes autrefois inconnues dans les avions. C’est que toutes les boîtes ont désespérément taillé dans leurs frais de voyage, et qu’au bout du 14ème plan de réduction des coûts, on est arrivé à l’os. La valeur et la fortune sont désormais ailleurs.

Avant, la vie était simple, je prenais Air France. Maintenant, notre entreprise a mis en place le programme Concur, obligatoire pour tous, qui optimise nos coûts de déplacement, en allant à chaque fois chercher le vol le moins cher dans la classe la moins chère, dans la vaste offre mondiale. Autant dire que AF c’est fini. Je me retrouve ainsi dans l’année à voyager avec une douzaine de compagnies différentes, rendant impossible l’accumulation de miles nécessaires à l’acquisition d’un statut respecté. Il y a encore 2 ans, j’avais une carte Platinum, qui me faisait profiter de la douceur feutrée des lounges au 4 coins du monde, me permetter de couper les files aux contrôles, et me faisais bénéficier de surclassements occasionnels. Je suis passé l’an dernier du Platinum au Gold, et cette année du Gold au Silver, déchéance ultime qui me ferme la porte aux derniers privilèges, me rejetant dans les files d’attente interminables aux contrôles, le vacarme des salles d’attente et les espaces étriqués des queues d’avions. Et dire qu’avant j’aimais ces voyages… il n’en reste plus désormais que le mal au crâne des décalages horaires, la fatigue des nuits sans sommeil et les douleurs des contorsions. Concur m’a tué.

Malgré tout, je me console en disant que tout cela m’a permis d’échapper à la grêve d’AF, que j’ai pu truander Concur pour échapper à IcelandAir et à son escale à Reykjavik (malgré les 150 euros de surcoût du vol direct), et qu’après tout, Silver ça convient bien mieux à mon nom que Gold ou Platinum. On a les satisfactions que l’on peut.

 

Une réflexion au sujet de « Business travel blues »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*