15 conseils pour la natation en triathlon

 

Pour aller vite en nat sur un triathlon, il y a bien sûr avant tout le travail de fond qu’il faut faire en piscine pour s’entraîner et apprendre à bien nager, pour lequel nous bénéficions des conseils de nos entraîneurs.

Mais il y a aussi pas mal de choses qu’on ne découvre que lentement, en pratiquant les triathlons, des petits trucs qui permettent de mieux sortir de l’eau sans passer forcément par de longues heures d’entraînement. Des trucs qui m’ont toujours permis de nager en eau libre au-dessus de mon niveau en piscine.

J’ai essayé de résumer tout ça. Les vieux briscards n’apprendront rien, mais les débutants pourront peut-être piocher des idées. A prendre ou à laisser!

Le départ

1. Le mass start au départ du triathlon peut parfois être impressionnant quand on débute. Il faut plonger dans la mêlée sans crainte, avec générosité et ardeur, avec le sentiment d’enfin se libérer de la pression accumulée avant la course – avoir l’esprit rugby, aller au paquet sans crainte, décontracté, dans le plaisir, la joie et l’allégresse!

2. Bien se positionner au départ: estimer avec lucidité et humilité son niveau de natation, et se positionner en fonction. Se placer en première ligne que si on sort régulièrement de l’eau dans les premiers 10%, se mettre au milieu si on sort au milieu, à la fin si on sort à la fin. C’est le meilleur moyen de ne pas se faire nager dessus, et de trouver des gens de son niveau avec qui on pourra optimiser sa nage.

3. En cas de départ ou d’arrivée sur une plage, ou en cas de passage à faible profondeur, se pose la question de la stratégie optimale de déplacement. Chacun a ses préférences, mais en règle générale, ce qui marche bien, c’est: eau jusqu’au genoux -> courir, eau à la taille -> dolphining, eau aux épaules -> nager – ceci évidemment si le fond est sain (pas de cailloux coupants ou de verre cassé… auquel cas on privilégiera la nage)

Matériel

4. Prendre des lunettes masques (type Aquasphere) plutôt que des petites lunettes: on y voit mieux pour s’orienter, et on risque moins la blessure en cas de coup de pied dans la figure

Drafting

5. Profiter du drafting, puisqu’il est légal en nat: se mettre soit juste derrière un nageur, soit avec la tête au niveau de sa hanche, en évitant de le toucher bien sûr, pour pas l’énerver! Le gain de vitesse peut être significatif (quelques secondes par 100m).

6. Ne pas rendre les tirages de pieds ou les baffes: celui qui vous en a collé une ne l’a probablement pas fait exprès, si vous rendez , vous allez perdre du temps, de l’énergie et de l’influx, et après il voudra vous le re-rendre. Ignorer les coups, ne pas s’énerver, et rester concentré sur l’objectif: arriver le plus vite possible dans le meilleur état possible!

7. Bien choisir le nageur drafté: prendre un gars un peu plus fort que soi (mais pas trop fort!), qui nage droit, régulièrement, et avec un battement de jambe pas trop fort.

8. Si le drafté n’est pas si fort que ça, le relayer quand il faiblit, ou alors aller chercher un autre groupe: le but est d’aller plus vite en suivant un gars plus fort que soit (ou qui suit quelqu’un qui suit quelqu’un plus fort que soi), pas de se faire endormir sur un faux rythme confortable. Drafter peut faire gagner du temps, mais il vaut mieux nager seul ou devant rapidement que derrière un autre lentement!

Orientation

9. Pour s’orienter, la première chose c’est d’y voir clair! Pour éviter la buée, mettre un peu de shampoing dans les lunettes avant le départ, et ensuite bien rincer pour que ça ne pique pas les yeux.

10. Bien visualiser et mémoriser avant le départ le parcours nat, pour gérer correctement sa course et ses allures – mobiliser son intelligence situationnelle: savoir exactement combien il y a de bouées et de virages à passer, pour savoir à tout instant où on en est. Par exemple on peut décider en course de faire 200m à fond jusqu’à la première bouée pour bien se placer, puis décider que si on est dans le premier tiers du parcours, ça peut valoir la peine de se mettre dans le rouge deux ou trois minutes pour attraper de bons pieds, et on peut décider que ça ne vaut plus le coup de vider ses lunettes si elles sont pleines de flotte quand on est à 100m de l’arrivée.

11. Parfois les bouées sont difficilement visibles (petites bouées, vagues en mer…). En mer, s’orienter lorsqu’on est en haut de la vague, et de façon générale, prendre des points de repère hauts sur l’horizon: bâtiments ou arbres sur la rive, bateau, soleil, colline… Il faut mémoriser ces repères hauts avant le départ, ou au pire juste après les virages.

Choix d’itinéraire

12. Aller au plus court au virage à la bouée si on ne craint pas les baffes, contourner à l’écart sinon – on gagne alors largement en ne frottant pas ce qu’on perd en distance (1 ou 2m).

13. Bien « lire » l’eau avant le départ. En mer (exemple: La Baule), il y a souvent du courant, dû aux marées. Il est important d’analyser la force et la direction de ce courant. L’idéal, c’est d’observer une course avant, et de voir comment les nageurs sont déportés. Le plus souvent, la ligne des nageurs fait une sorte de courbe entre le départ et la première bouée, vers la gauche si le courant porte à gauche ou inversement. Plus le courant est fort, plus la courbe est marquée. Si le courant porte à gauche, il faut partir à droite de la ligne de départ, et viser la droite de la bouée, et ce d’autant plus que le courant est fort  – et inversement bien sûr. S’il n’y a pas de course avant, regarder dans quelle direction les bateaux amarrés s’orientent.

14. En rivière, le courant est encore plus important. Bien repérer à l’avance les endroits où le courant est le plus fort pour en profiter, le plus souvent au milieu, mais pas toujours. Parfois (ex: Sartrouville), il faut remonter la rivière. Là, il faut au contraire repérer les endroits où le courant est faible, le plus souvent près des berges, ou idéalement derrière un obstacle faisant barrage (par exemple une pile de pont) pour profiter à plein du contre-courant qui remonte. Pratiquer un peu le canoë est un bon moyen pour apprendre à lire une rivière.

Allure

15. L’allure doit s’adapter selon la course. De façon générale, plus la course est courte, et plus il est important de bien sortir en natation, surtout si le drafting est autorisé en vélo, et plus elle est longue, moins la natation est importante dans le résultat final. Donc sur distance courte (S, M), surtout si le drafting est autorisé, ne pas hésiter à faire la natation à fond. Sur distance longue (L, XXL), la journée sera longue, le vélo et la CAP feront le résultat, donc on essaiera plutôt de poser sa nage et de ne pas sortir trop fatigué.

Bonnes courses!

5 réflexions au sujet de « 15 conseils pour la natation en triathlon »

  1. carapace

    Bonjour Silb,

    Est-il conseillé de pratiquer les 4 nages pour sortir de la routine en s’adonnant aux plaisirs variés ?
    Est-il conseillé de porter le masque Easybreath de marque Decathlon au risque qu’il soit requalifié de tuba ?
    Est-il conseillé d’adopter une stratégie particulière lorsque l’eau est froide et que le sujet est frileux ?
    Est-il conseillé de se mettre à la nage indienne pour soit éviter la vue d’un concurrent positionné latéralement soit pour vaincre un courant de surface, ou les deux ?

    Merci, et bon été.

    Répondre
    1. Silber Auteur de l’article

      Le 4 nages, à l’entraînement, pourquoi pas, ça peut pas faire de mal, mais quand même 80 à 90% à faire en crawl quand on vise l’eau libre et qu’on n’a pas plus de 2 ou 3 entraînements par semaine: aller à l’essentiel!
      L’Easybreathe: no way.
      Le froid: c’est dans la tête.
      Et la nage indienne: que pour les indiens!
      Ah non mais…

      Répondre

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